Sarah's Most Worshipful
Assorted Poems Sarah Loves Page

Greetings and welcome to Sarah's Most Worshipful Assorted Poems Sarah Loves Page. This page will feature many of Sarah's favorite poems from various authors. Among those poets sure to be represented are the Russian poet, Fyodor Thyutchev, the French poets, Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, and Gustav Mallarme, the Boston poet Robert Lowell, and Sarah's favorite British poets, Percy B. Shelly, William Blake, and John Keats. Sarah also hopes to include some lesser known poets from the 20th century, especially from Russia.

Poems from the Classical Age

"Miser Catulle"

Thou miserable Catullus, cease from foolishness
And what thou see'st lost and perished, deem that lost.
The sun shone bright and fair upon thee in those days
When thou didst follow wheresoe'er thy mistress led
She whom you loved as never others shall be loved
Then all those many blithe and pleasant deeds were done
which you desured; nor did she desire them less
Verily, the sun shone fair and bright upon thee then
Now she says nay; thou too, since there's no hope say nay
Pursue not one who flees you, nor live miserable
But with a mind grown resolute, endure, be stern;
Mistress farewell. At last Catullus hath grown stern.
He will not seek thee nor entreat thee against thy will.
But thou shalt grieve when no man shall entreat thee more.
Alas, poor wretch! What bitter life must thou be thine!
Who shall court thee? To whome shall thou seem beautiful?
Whom wilt thou love now? By whose name shall thou be called?
Whom shalt thou kiss? Whose lips in fondness wilt thou bite?
But thou, Catullus, be thou resolute and stern."

Gaius Valerius Catullus 84?BC-54Bc


"Tu ne quaesieris"

Ask not, for thou shalt not find it, what by end, what thine shall be;
Ask not of Chaldaea's science what God wills Leuconoe:
Better for, what comes, to bear it. Haply many a wintry blast.
Waits thee still; and this, it may be,
Jove ordains to be thy last
Which flings now the flogging sea wave on the obstinate sandstone reef.
Be thou wise: fill up the wine-cup, shortening, since time is brief,
Hopes that reach into the future.
Whilst I speak, hath stol'n away.
Jealous time. Mistrust tomorrow, catch the blossom of today"

Quintus Hoatius Flaccus 65BC-8BC


French Poetry

Separons-nous ici, vous etes arrive
Voici le lieu, voici l'arbre, voici la porte.
Compagnon, nous avons marche de bonne sorte,
Coursant ainsi, depuis que le jour s'est leve.

Eh bien, c'est la le toit qui fut par vous trouve
Dites: C'est moi! criez, heurtez l'huis a main forte!
La femme et le repas vous attendent. Qu'importe
Le compagnon d'un jour? Vous etes arrive.

La vieille mere est la; l'epouse douce et sage
Est la; prenez-les dans vos bras. Le reste est vain.
L'enfant nouveau vous met les mains sur le visage.

Adieu. Riez, soyez heureux jusqu'a la fin.
Mangez de votre pain, buvrz a votre verre.
Pour moi un long chemin encor me reste a faire.

Paul Claudel 1895-1897


L'ombre m'atteint, mon jour terrestre diminue
Le passe est passe et l'avenir n'est plus.
Adieu, enfant! Adieu jeune homme que je fus!
La main pauvre est sur moi et voici l'heure nue!

J'ai vecu. Le bruit des hommes m'est etranger.
Tout est fini; je suis tout seul; j'attends, je veille.
Je n'ai plus avec moi que ta lueur vermeille,
Lampe! Je suis assis comme un homme juge.

Longs furent mon ennui et ma sollicitude!
Long l'exil! Longue fut la route jusqu'ici.
Le terme est mien, je vois cela que j'ai choisi,
Ferme dans ma faiblesse et dans ma lassitude

Maintenant j'ai fini de parler; seul, captif,
Comme un mouton vendu aux mains de qui l'emmene,
J'ecoute seulement, j'attends, tout pret, que vienne
L'heure derniere avec l'instant definitif.

Paul Claudel


"Le sommeil dans le chagrin"

Il faut dormir
Tout dort
Il faut souffrir
La mort.
Le jour est mort
Dors
Le ciel en or
Dort dort dort dort dort dort dort!

Plus une plainte!
Plus un souffle
Plus un crainte
Que n'etouffe
Le port
Dors dors
--Le port d'or
Dors dors

Plus rien
Mal et bien
Tout est bien
Je viens
Je dors
Tout est mort
Je dors
Tout est mort
Je dors
Tout est mort
Je dors

Paul Claudel 1905


"Correspondances" (d'apres Emily Dickinson)

C'est la soif qui a produit l'eau
La mer convoque ses rivages
Vois le ciel crepiter la-haut
De mille systemes sauvages
Mon ame pour qu'on la voie
Vos deux yeux etaient necessaires
Votre ame pour que j'y sois
Mon absence etait necessaire
Le vase a appele l'eau
Et la neige le corbeau

Paul Claudel 1939


"Harmonie du Soir"

Voici venir les temps ou vibrent sur sa tige
Chaque fleur s'evapore ainsi qu'un encensoir
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir
Valse melancolique et langoureux vertige!

Chaque fleur s'evapore ainsi qu'un encensoir
Le violin fremit comme un coeur qu'on afflige
Valse melancolique et langoureux vertige!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon fremit comme un coeur qu'on afflige
Un coeur tendre qui hait le neant vaste et noir
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir
Le soleil s'est noye dans son sang qui se fige

Un coeur tendre qui hait le neant vaste et noir
Du passe lumineux recueille tout vestige
Le soleil est noye dans son sang qui se fige
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir.

Charles Baudelaire

"L'invitation au voyage"

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Charles Baudelaire

"Les chats"

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres ;
L'Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin ;

Leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques,
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

Charles Baudelaire

"L'Eternité"

Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Eternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.

Ame sentinelle,
Murmurons l'aveu
De la nuit si nulle
Et du jour en feu.

Des humains suffrages,
Des communs élans
Là tu te dégages
Et voles selon.

Puisque de vous seules,
Braises de satin,
Le Devoir s'exhale
Sans qu'on dise : enfin.

Là pas d'espérance,
Nul orietur.
Science avec patience,
Le supplice est sûr.

Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Eternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.

Arthur Rimbaud

"Le dormeur du val"

C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur Rimbaud

"Puisqu'ici toute ame
Donne a quelqu'un
Sa musique, sa flamme,
Ou son parfum;

Puisqu'ici toute chose
Donne toujours
Son epine ou sa rose
A ses amours;

Puisqu'avril donne aux chenes
Un bruit charmant;
Que la nuit donne aux peines
L'oubli dormant;

Puisque l'air a la branche
Donne l'oiseau;
Que l'aube a la pervenche
Donne un peu d'eau;

Puisque, lorsqu'elle arrive
S'y reposer
L'onde amere a la rive
Donne un baiser

Je te donne, a cette heure
Penche sur toi,
La chose la meilleure
Que j'aie en moi!

Recois donc ma pensee
Triste d'ailleurs
Qui, comme une rosee,
T'arrive en pleurs!

Recois mes voeux sans nombre
O mes amours!
Recois la flamme ou l'ombre
De tous mes jours!

Mes transports pleins d'ivresses,
Purs de coupcons,
Et toutes les caresses
De mes chansons!

Mon esprit qui sans voile
Vogue au hasard
Et qui n'a pour etoile
Que ton regard!

Ma muse, que les heures
Bercent revant
Qui, pleurent quand tu pleures,
Pleure souvent!

Recois, mon bien celeste,
O ma beaute,
Mon coeur, dont rien ne reste,
L'amour ote!

Victor Hugo, Les Voix interieurs

"Les Djinns"

Murs, ville,
Et port,
Asile
De mort,
Mer grise
Où brise
La brise,
Tout dort.

Dans la plaine
Naît un bruit.
C'est l'haleine
De la nuit.
Elle brame
Comme une âme
Qu'une flamme
Toujours suit !

La voix plus haute
Semble un grelot.
D'un nain qui saute
C'est le galop.
Il fuit, s'élance,
Puis en cadence
Sur un pied danse
Au bout d'un flot.

La rumeur approche.
L'écho la redit.
C'est comme la cloche
D'un couvent maudit ;
Comme un bruit de foule,
Qui tonne et qui roule,
Et tantôt s'écroule,
Et tantôt grandit,

Dieu ! la voix sépulcrale
Des Djinns !... Quel bruit ils font !
Fuyons sous la spirale
De l'escalier profond.
Déjà s'éteint ma lampe,
Et l'ombre de la rampe,
Qui le long du mur rampe,
Monte jusqu'au plafond.

C'est l'essaim des Djinns qui passe,
Et tourbillonne en sifflant !
Les ifs, que leur vol fracasse,
Craquent comme un pin brûlant.
Leur troupeau, lourd et rapide,
Volant dans l'espace vide,
Semble un nuage livide
Qui porte un éclair au flanc.

Ils sont tout près ! - Tenons fermée
Cette salle, où nous les narguons.
Quel bruit dehors ! Hideuse armée
De vampires et de dragons !
La poutre du toit descellée
Ploie ainsi qu'une herbe mouillée,
Et la vieille porte rouillée
Tremble, à déraciner ses gonds !

Cris de l'enfer! voix qui hurle et qui pleure !
L'horrible essaim, poussé par l'aquilon,
Sans doute, ô ciel ! s'abat sur ma demeure.
Le mur fléchit sous le noir bataillon.
La maison crie et chancelle penchée,
Et l'on dirait que, du sol arrachée,
Ainsi qu'il chasse une feuille séchée,
Le vent la roule avec leur tourbillon !

Prophète ! si ta main me sauve
De ces impurs démons des soirs,
J'irai prosterner mon front chauve
Devant tes sacrés encensoirs !
Fais que sur ces portes fidèles
Meure leur souffle d'étincelles,
Et qu'en vain l'ongle de leurs ailes
Grince et crie à ces vitraux noirs !

Ils sont passés ! - Leur cohorte
S'envole, et fuit, et leurs pieds
Cessent de battre ma porte
De leurs coups multipliés.
L'air est plein d'un bruit de chaînes,
Et dans les forêts prochaines
Frissonnent tous les grands chênes,
Sous leur vol de feu pliés !

De leurs ailes lointaines
Le battement décroît,
Si confus dans les plaines,
Si faible, que l'on croit
Ouïr la sauterelle
Crier d'une voix grêle,
Ou pétiller la grêle
Sur le plomb d'un vieux toit.

D'étranges syllabes
Nous viennent encor ;
Ainsi, des arabes
Quand sonne le cor,
Un chant sur la grève
Par instants s'élève,
Et l'enfant qui rêve
Fait des rêves d'or.

Les Djinns funèbres,
Fils du trépas,
Dans les ténèbres
Pressent leurs pas ;
Leur essaim gronde :
Ainsi, profonde,
Murmure une onde
Qu'on ne voit pas.

Ce bruit vague
Qui s'endort,
C'est la vague
Sur le bord ;
C'est la plainte,
Presque éteinte,
D'une sainte
Pour un mort.

On doute
La nuit...
J'écoute : -
Tout fuit,
Tout passe
L'espace
Efface
Le bruit.

Victor Hugo


British Poetry

There is a Smile of Love
And there is a Smile of Deceit
And there is a Smile of Smiles
In which these two smiles meet

And there is a Frown of Hate
And there is a Frown of Disdain
And there is a Frown of Frowns
Which you strive to forget in vain

For it sticks in the Hearts deep Core
And it sticks in the deep Back bone
And no Smile that ever was smild
But only one Smile alone

That betwixt the Cradle & Grave
It only once Smild can be
But when it once is Smild
Theres an end to all Misery

William Blake

Who will exchange his own fire side
For the stone of anothers door
Who will exchange his wheaten loaf
For the links of a dungeon floor

Fayette beheld the King & Queen
In curses & iron bound
But mute Fayette wept tear for tear
And guarded them around

O who would smile on the wintry seas
& pity the storming roar
Or who will exhange his new born child
For the dog at the wintry door

William Blake

"When We Two Parted"

When we two parted
In silence and tears,
Half broken-hearted
To sever for years,
Pale grew thy cheek and cold,
Colder thy kiss;
Truly that hour foretold
sorrow to this.

The dew of the morning
Sunk chill on my brow-
It felt like the warning
Of what I feel now.
Thy vows are all broken,
And light is thy fame;
I hear thy name spoken,
And share in its shame.

They name thee before me,
A knell to mine ear;
A shudder comes o'er me-
Why wert thou so dear?
They know not I knew thee,
Who knew thee too well:-
Long, long shall I rue thee,
too deeply to tell.

In secret we met-
In silence I grieve,
That thy heart could forget,
Thy spirit deceive.
If I should meet thee
After long years,
How shall I greet thee?
With silence and tears.

John Keats


American Poetry

"For Sheridan"

We only live between
before we are and what we were.

in the lost negative
you exist,
a smile, a sypher,
an old-fashioned face
in an old-fashioned hat.

Three ages in a flash:
the same child in the same picture,
he, I, you,
chockablock, one stamp
like mother's wedding silver

gnome, fish, brute cherubic force

We could see clearly
and all the same things
before the glass was hurt
Past fifty, we learn with surprise and a sense
of suicidal absolution
that what we intended and failed
could never have happened--
and must be done better.

Robert Lowell


"Marcus Cato 234-149BC"

My live telephone swings crippled to solitude
two feet from my ear; as so often and so often,
I hold your dialogue away to breathe--
still this is love, Old Cato forgoing his wife,
Then jumping her in thunderstorms like Juppiter Tonans;
his forthrightness gave him long days of solitude,
then deafness changed his gifts for rule to genius.
Cato knew from the Greeks that empire is hurry,
and dominion never goes to the phlegmatic--
it was hard to be Demosthenes in his stone-deaf Senate
"Carthage must die," he roared...and Carthage died.
He knew a blindman looking for gold
in a heap of dust must take the dust with the gold,
Rome, if built at all, must be built in a day.

Robert Lowell

"Saint-Just 1767-1793"

Saint-Just: his name seems stolen from the Missal...
His camois coat, the dandy's vast cravate
knotted with pretentious negligence;
he carried his head like the Holy Sacrament.
He thought only the laconic fit to rule
the austerity of his hideous cardboard Sparta
"I must move with the stone footstep of the sun--
faction plagues the course of revolution,
as reptiles follow the dry bed of a torrent.
I am young and therefore close to nature.
Happiness is a new idea in Europe;
we bronzed liberty with the guillotine.
I'm still twenty, I've done badly, I'll do better."
He did, the scaffold, "Je said ou je vais."

Robert Lowell


Poems in Translation

"Net houses, saunas, barns
let rain slip through
into constructions
of silence withdrawn
Relapsed but the recent cry
Still passes to the soul
And silence?
In music
Silence
is the core"

Joan Oaks